101
LA MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE II.
chaînes dans les fabriques du Lancashire. Les fabriquesd’amidon ont fait et font encore disparaître de grandesmasses de blé ; de même les distilleries où l’on fabriquel’eau-de-vie de grains. L'agriculture elle-même consacrequelquefois à la nourriture du bétail des quantités de cé-réales.
Citons une autre cause de variation dans la demandedu blé : les hommes n’en consomment pas nécessairement,dans le même lieu, à des intervalles très-rapprochés, uneration annuelle qui soit absolument la même. Nous par-lions, il y a un instant, de l’augmentation qu’éprouvait,par le progrès de l’aisance, la consommation des cé-réales les plus substantielles. Dans les temps calamiteux,le mouvement inverse se manifeste. Alors, tout ce quitouche au bien-être de l’homme marche en arrière ; unepartie des populations recule d’une des céréales à une au-tre moins noble, et de là à la pomme de terre et aux fari-neux les plus grossiers. Dans ces moinents-là, à part toutabaissement de la vie, on emploie moins de farine, soitqu’il y ait des personnes assez dénuées pour n’assouvirqu’imparfaitement leur faim, soit qu’on se réduise dansles préparations de cet article autres que le pain. Onsait que les Anglais, par exemple, consomment beau-coup de farine de froment autrement que panifiée : ilsen font plusieurs sortes de gâteaux de ménage. Quandla récolte a été courte, une partie d’entre eux, des gensaisés même, tâchent de se restreindre là-dessus. Aprèsla mauvaise récolte de 1795, au mois de décembre, parune convention mutuelle qui reçut toute l’authenticitépossible, les membres des deux chambres du parlements’engagèrent à diminuer d’un tiers au moins la consom-mation du blé de leurs familles, et à faire tous leurs elfortsauprès des personnes sur lesquelles ils avaient de l’ascen-dant pour les déterminer à prendre la même résolution. A