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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

cette occasion, on frappa d’un impôt la poudre à pou-drer qui parut absorber une quantité de farine digne d’êtreprise en considération ; à plus forte raison l’on mit eninterdit provisoirement les distilleries de grains. Celtedernière mesure a été prescrite par un décret, en France,lors de la cherté de 1854-1855.

Il ne faut cependant pas s’exagérer l’importance desprivations proprement dites : on n’économise, par cettevoie, qu’une modique fraction de la consommation ordi-naire, à moins qu’on ne soit à la dernière extrémité,comme dans une ville assiégée. Lç pain et la plupart desaliments dont la farine est la substance ne sont pas desfriandises sur lesquelles on puisse beaucoup se restreindre.On en mange à sa faim, et on ne commande pas à celle-ci,surtout l’homme qui travaille de ses bras et dépense beau-coup de force musculaire. C’est sur d’autres articles detout genre qu’on se réduit de préférence ; on ne s’attaqueguère à sa ration de pain que lorsqu’on ne peut plus rien• épargner sur son vêtement et sur ses plaisirs. M. Tookecite (1) un rapport parlementaire, d’où il résulte que,pendant l’année 1800, où l’on avait eu toute sortede raisons, dans la Grande-Bretagne, pour se limiter hl’égard du blé, puisqu’il était monté à 58 fr. l’hectolitre,on n’estimait pas que, par la privation pure et simple, lanation britannique eût épargné absolument plus de300,000 quarters (873,000 hectolitres) ; h raison de 3 hec-tolitres par tête, c’est la ration annuelle de moins de300,000 personnes. On calculait que l’interdiction d’em-ployer la farine ou le blé dans diverses fabrications, et no-tamment dans les distilleries, avait réservé pour la bou-langerie environ 400,000 quarters (1,164,000 hectolitres),soit la ration annuelle de moins de 400,000 personnes.

(1) Histoire des prix, t. (, page 222.