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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE III. III

ont proposé de prendre le travail pour la mesure de la va-leur ont fait abstraction de ces appareils, qui, à la vérité,exigent toujours l’intervention de quelque puissance exté-rieure à l’homme, celle d’une chute d’eau, ou de la va-peur ou des animaux. Mais, si l’on écarte les machines sousprétexte qu’elles supposent l’introduction dans le travaild’un élément étranger à la personne de l’homme, il fautaccepter les simples outils, car personne apparemment neveut réduire l’homme à travailler sans autre aide que sesdix doigts, et les outils n’ajoutent aucune force à la nôtre,ils nous aident simplement à la mieux dispenser. S’il estun métier où il semble que tout dépende de la force brutede l’homme, c’est assurément celui du terrassier. Faisonsabstraction des grands mouvements de terre auxquels apu donner lieu récemment l’établissement des cheminsde fer, et où l’on a employé avec succès des appareilsconsidérables, des voies de fer, des chars ingénieux,des locomotives pour le roulage. Restreignons-nous àde modestes terrassements où tous ces engins seraienthors de propos, et où le travailleur est réduit à desoutils élémentaires. Le terrassier européen , avec sabrouette, fait beaucoup plus d’ouvrage que celui del’Amérique espagnole, pour lequel cet outil est encoreà inventer et qui transporte les déblais dans un panier surla tête (1). Le terrassier belge de même rendra plus quel’espagnol ou que l’italien, ou que le français en général,parce que, pour la plupart, ceux-ci n’ont pas des ou-tils d’une aussi bonne forme, et qu’en outre ils ignorentplusieurs des tours de main du métier. La classe des ter-rassiers anglais qu’on désigne communément sous le nomde A T ai>w£ssurpassera tous ceux du continent. Le terras-

(I) Cette détestable manière de transporter la terre se retrouve dansune partie de l’Europe méridionale, et même dans les départements fran-çais voisins de la Méditerranée.