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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE IV. H 9

commerciaux, dont la découverte du nouveau continentest le plus frappant exemple, ont imprimé à l’or et à l’ar-gent des fluctuations bien plus grandes que celles qu’onpeut signaler dans l’histoire des céréales, lorsque, au lieude s’en rapporter à une saison isolée, on prend des inter-valles de quinze ou vingt ans ou plus encore, pour entirer la moyenne, et que l’on considère les marchés prin-cipaux de grands États.

Si l’on se borne à examiner les conditions de la pro-duction, on a lieu de croire que, pour le blé, dans la ma-jeure partie de l’Europe, les changements survenus depuisquinze ou vingt siècles, sont moindres que pour l’or etpour l’argent aux lieux d’extraction.

Dans des contrées, autrefois inconnues, on a découvertdes mines plus riches que celles des anciens ; ces gisementsféconds ont été exploités par des méthodes moins impar-faites, et on a retiré les métaux précieux des minerais àl’aide d’une métallurgie plus savante. S’il est vrai que lesprocédés suivis pour l’exploitation des mines d’argent etpour le traitement des minerais, dans le nouveau monde,peuvent, sous quelques rapports, être réputés barbares au-près de ce qu’ils pourraient être, eu égard à l’état actueldes arts et des sciences, il ne l’est pas moins qu’ils mettenten œuvre deux énergiques moyens ignorés des anciens : lapoudre, dans l’intérieur des mines, l’amalgamation à froiddans les ateliers métallurgiques. Au contraire, en Europe,les terres labourées sont, en grande majorité, restéescomme au temps des anciens ; non qu’il ne soit possibled’améliorer le sol par le défonçage, le dessèchement, ledrainage ou l’arrosage et de l’enrichir par les engrais etamendements, et qu’on n’ait fait un certain usage de cesdiverses améliorations. Mais la superficie que, par là, onest parvenu à rendre supérieure aux fonds cultivés autre-fois, ne forme encore qu’une petite partie de la surlace