LA MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE IV. 121
labourage de terres auparavant délaissées pour leur mé-diocrité ou pour leur écartement, et que ce sont les fraisde production dans ces terres-là qui ont déterminé lecours sur le marché. Mais cette impulsion dans le sens dela hausse a dû être balancée, au moins en partie, cheznous par exemple, autour des grands centres de popula-tion, 1° par l’amélioration que la culture a reçue plusparticulièrement dans les alentours de ces centres mêmes,à la faveur du capital qui y abonde plus qu'ailleurs; 2°parla plus grande facilité des transports à l’égard desquels s’estproduite une révolution de plus en plus profonde (1).
Pour les métaux précieux, au contraire, la baisse de lavaleur a été considérable. Il y a quatre ou cinq cents ans,les métaux précieux étaient chèrement produits, parce queles mines étaient pauvres et qu’on avait reculé plus qu’a-vancé dans l’art de les exploiter et de traiter les minerais;ils l’étaient, parce que les princes et les seigneurs s’attri-buaient une forte part sur le rendement du travail des mi-neurs, ce qui équivalait à un supplément de frais de produc-tion. L’extraction de ces deux métaux étant extrêmementfaible alors, les choses se passaient comme dans le casd’un monopole : l’or et l’argent s’échangeaient pour beau-coup plus que les frais de production. Maintenant, qu’onmesure l’abaissement qu’a dû éprouver la valeur de cesmétaux, sous l’influence des circonstances suivantes quiont caractérisé simultanément ou successivement la pé-riode écoulée depuis les voyages de Christophe Colomb,ou mieux, depuis le milieu du seizième siècle : 1° la miseen exploitation de mines incomparablement plus riches ;2° l’emploi de la poudre dans les mines; 3° des procédésmétallurgiques supérieurs à ce qui était connu autrefois,et de plus en plus perfectionnés ; 4° la diminution ou l’a-
(1) Voir le volume I de ce Cours,leçons? et suivantes, et le volume II,l’ 8 leçon.