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La monnaie / par Michel Chevalier
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m COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.

termes de Bastiat, que, dans les échanges, ce soient desservices humains qu’on se transmet ; il s’ensuivra bien quela connaissance de ces quantités de travail ou de servicessera extrêmement utile, que ce sera une base d’apprécia-tion très-philosophique; mais il n’en résultera aucunementqu’il existe une quantité fixe de travail que les hommesprisent toujours exactement de même, et ainsi la mesurede la valeur qu’on tirerait du travail serait fictive ou fortpeu certaine : il resterait à déterminer cette quantité detravail qui devrait servir d’unité, et à découvrir le moyende savoir combien il y a d’unités de ce genre dans cha-cun des services que les hommes échangent. Or, c’est cequi est radicalement impossible. Un esprit de la portéed’Adam Smith ne pouvait manquer de le reconnaître, eten effet il est revenu sur ses pas et a abandonné de lui-même la proposition qu’il avait formulée au sujet dutravail étalon de la valeur.

Alors Adam Smith se replie sur le blé. « D’un siècle à« l’autre, dit-il, le blé est une meilleure mesure que« l’argent, parce que, d’un siècle à l’autre, des quantités« égales de blé seront bien plus près de commander la« même quantité de travail que ne le seraient des quan-« tités égales d’argent (1). » C’est vrai : malheureuse-ment le blé est soumis, dans sa valeur échangeable, àtoutes sortes de fluctuations. Il ne peut servir de termede comparaison que par la méthode des moyennes : lesinégalités des récoltes sont telles que les moyennes, pourêtre concluantes, doivent embrasser un bon nombre d’an-nées. Le savant auteur de l 'Histoire des prix incline mêmeà penser que, pour balancer l’influence de la variété dessaisons, il conviendrait de prendre des périodes qui nefussent pas de moins de cent ans (2). Il est possible que

(1) Richesse des nations, t. I, P- 47.

(2) Tooke, Histoire des prix, t. I, p. 84, note.