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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE IV. 125

M. Tooke exagère; mais aussi bien des intervalles de dixà quinze ans, tels qu’on les a envisagés souvent, seraientun peu courts : sur ce point M. Tooke a présenté des ob-servations concluantes. Et, d’un autre côté, si l’on prenddes intervalles beaucoup plus longs, on ouvre le champà d’autres influences qui peuvent faire varier la valeurcourante des blés, telles que des modifications localesdans la culture, ou un changement sensible dans la den-sité de la population.

Aussi Adam Smith conclut-il en ces termes, qui sontapplicables à l’immense majorité des transactions :« D’une année à l’autre, l’argent est une meilleure« mesure que le blé, parce que des quantités égales« d’argent seront bien plus près de commander la mêmeo quantité de travail. »

Sous les réserves qui précèdent, il est très-instr.uctif,dans beaucoup de cas, d’introduire la valeur du blé et lavaleur de la main-d’œuvre dans les discussions écono-miques, et de les considérer, par hypothèse, comme deséléments fixes.

De même, il faut applaudir à l'essai qu’ont fait quel-ques personnes de dresser des tables de ce qu’elles ontappelé les variations du pouvoir de l'argent , en cherchantà déterminer, à l’aide des monuments de l’histoire, com-bien il a fallu de métal monnayé, à diverses époques ouen divers lieux, pour se procurer une quantité déterminéede blé et d’autres consommations, pour vivre dans tel outel style, occuper telle ou telle position sociale. Les éva-luations ainsi obtenues, malgré tout ce qu’elles ont d’im-parfait, permettent cependant de faire des rapproche-ments curieux, et d’éclairer d’importants problèmesd’Économie publique (1).

(1) Voyez le mémoire de M. Leber sur l’appréciation de la fortune pri-vée au moyen-âge.