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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

Il ne faut pas trop s’étonner non plus si, en quelquesoccasions, on a vu le législateur incliner à adopter le bléou le travail, de préférence à l’argent, pour la mesure desvaleurs. Pendant la Révolution française, lors de la dépré-ciation des assignats, alors que les métaux précieux sem-blaient avoir absolument quitté le pays, la question dechoisir le blé pour le mètre de la valeur fut sérieusementdiscutée par la Convention. C’était en 1795 : il s’agissait,tant de remédier à la dépréciation des assignats, que d’é-tablir un étalon auquel on pût rapporter l’assignat lui-même, ainsi que toutes les valeurs. « On s’opposa, dit« M. Thiers (1), à ce choix (celui de l’argent) pour terme« commun de toutes les valeurs, d’abord par une an-« cienne haine pour les métaux, ensuite parce que les« Anglais, en ayant beaucoup, pourraient, disait-on, le« faire variera leur gré et seraient ainsi maîtres du cours« des assignats. Ces raisons étaient fort misérables; mais« elles décidèrent la Convention à rejeter les métaux pour« mesure des valeurs. Alors Jean-Bon-Saint-André pro-« posa d’adopter le blé, qui était, chez tous les peuples,« la valeur essentielle à laquelle toutes les autres de-« vaient se rapporter. Ainsi on calculerait la quantité« de blé que pouvait procurer la somme due à l’époque« où la transaction avait eu lieu, et on payerait en assi-« gnats la valeur suffisante pour acheter aujourd’hui la« même quantité de blé... » La proposition ne fut pasadoptée; on prit un biais indiqué par Bourdon, del’Oise;mais le système de Jean-Bon-Saint-André avait eu beau-coup de partisans.

La pensée que les métaux précieux sont plus variablesdans leur valeur que le blé, lorsqu’on embrasse de longsintervalles de temps, a suggéré, pour la rédaction de

(t) Histoire de la Révolution française, VII, p. 196.