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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
particulièrement qui est chère, la population sera rachi-tique, ou aura des ouvriers' rendant médiocrement detravail, quelque peine qu’ils se donnent, et des soldatsque les fatigues de la guerre décimeront bien plus encoreque le fer et le feu de l’ennemi. Si la cherté affecte plutôtles articles de vêtement, la population sera rongée desmaladies que la saleté engendre. Si c’est l’ameublementet l’outillage, le commun des hommes sur ce point offriraune ressemblance déplorable avec les fellahs de l’Égypte,dans les misérables cabanes desquels les murailles étalenttoute nue la boue dont elles sont faites, au lieu d’êtregarnies, comme on le voit dans les villages delà Hollande,de l’Angleterre et de l’Amérique, de commodes ustensilespour les usages domestiques, de bons outils pour le tra-vail, de meubles pour l’utilité et l’agrément.
Le rapport entre la valeur des objets de première né-cessité et celle de la main-d’œuvre est comme un ther-momètre extrêmement sensible qu’il est utile de prome-ner parmi toutes les institutions fiscales et administrativesde la société, afin de découvrir jusqu’à quel point latendance de chacune d’elles est de faire monter ou des-cendre la prospérité publique. Si une taxe a pour effetd’élever, dans une forte proportion par rapport à la main-d’œuvre, la valeur d’un article alimentaire, qui autremententrerait avec beaucoup d’avantage dans les habitudes detoutes les classes, la taxe est jugée, et les pouvoirs quis’obstinent à la maintenir assument une grave responsa-bilité. Si une institution de monopole enchérit, à un de-gré marqué, le pain, ou la viande, ou le vin ordinaire, oule combustible, ou, dans un autre ordre de faits, les li-vres élémentaires destinés à l’instruction de la jeunesse,elle mérite d’être signalée comme uu llôau. Un des plusgrands crimes d’un prince dont la morale et la politiqueont; cent raisons de flétrir la mémoire, le roi Louis XV,