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LA. MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE IV.
fut de participer à une entreprise sur les grains qui ten-dait à les enchérir.
L'ineptie ou la torpeur du gouvernement espagnol per-pétuait, dans ses vastes domaines du nouveau monde,l’absence des voies de communication ; en conséquence,tout objet qui n’était pas retiré du sol, au lieu même où onle consommait, montait à un prix excessif, pour peu qu’ilfût volumineux ou pesant. Tout ce qu’on faisait venir del’étranger, le fer, par exemple, qu’on ne s’était pas occupéde produire dans ces immenses régions, y avait une va-leur exorbitante en comparaison de la main-d’œuvre.Dans le Clioco, province de la Nouvelle-Grenade, où lesol est encore plus abrupte qu’ailleurs, et où souvent Tonne peut effectuer les transports qu’à dos d’hommes, fautemême de sentiers praticables à des bêtes de bât, le fer étaittellement cher proportionnellement à la main-d’œuvre,qu’un laboureur, pour se procurer une charrue, eût étéforcé de donner vingt fois plus de son temps que le culti-vateur anglais (1).
Un des moyens les plus irrécusables qu’il y aurait demesurer les sentiments populaires dont les gouvernementssont animés, serait de dresser le compte des efforts qu’ilsfont, pour que, relativement à la main-d’œuvre, la valeurde la plupart des denrées alimentaires et des objets lesplus usuels tende à descendre plus qu’à monter. C’est lepropre des gouvernements civilisateurs de réussir mieux( iue les autres dans cette œuvre, et des nations vraimentAvancées de seconder et d’exciter les efforts de leurs gou-
(1) (00 kilogrammes de fer, qu’on a communément aujourd’hui enAngleterre pour 15 à 20 francs, se vendaient, au commencement dusiè-c 'e, dans le Choco, sur le pied de 450 francs. Un baril de farine, coté àNew-York 25 fr., valait dans les mêmes localités 350, 400 et 450 (Hum-holdt, Essai sw la Nouvelle-Espagne, t. III, p. 391). Il est juste de direque, dans d’autres de ses colonies, la cour d’Espagne montrait plus d’in-telligence et d’activité, au Mexique par exemple.