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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION IV, CHAPITRE IV.

rieurs dans le même esprit; on a adopté ou préparéd’autres mesures qui sont de nature à exercer une in-fluence heureuse sur l’élévation des salaires, de vastesplans d’émigration, par exemple. Ainsi, d’une part, les po-pulations seront mieux rétribuées ; d’autre part, avec unerétribution égale, elles auront plus de moyens de satis-faire leurs besoins ; c’est assurément la manifestation laplus bellede politique populaire qui ait eu lieu depuis long-temps. Les hommes qui en ont pris l’initiative, et à la têtedesquels il faut nommer M. Cobden et sir Robert Peel, se-ront classés par l’histoire parmi les hommes d’État les plushabiles, les plus prévoyants, les plus dignes de la recon-naissance du genre humain (1).

(1) Le gouvernement français est entré dans la même voie en 1860,par un acte dû à l’initiative du souverain, et non sans rencontrer dansle public une opposition qui pourtant s’est promptement dissipée. Ce futpar le traité de commerce avec l’Angleterre que le gouvernement im-périal commença la répudiation du système suranné qu’on décorait simal à propos du nom de protecteur du travail national. L’adoption com-plète du principe de la liberté du commerce fut proclamée deux ansaprès, en avril 1862, au concours de Poissy,par M.Rouher, ministre ducommerce, qui avait signé le traité. Jusqu’à ce jour, aucun autre desgrands gouvernements n’a pleinement adhéré au principe; mais la plu-part y tendent visiblement; seuls, les États-Unis, l'Espagne et les ÉtatsRomains restent fidèles aux errements anciens.