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La monnaie / par Michel Chevalier
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MO COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

«faut que cette mesure soit perpétuellement la môme« et reste dans la même proportion de valeur. Prendre,« pour mesure de la valeur commerciale des choses, des« matières qui n’ont pas entre elles un rapport fixe et in-« variable, c’est comme si l’on choisissait pour mesure de« la longueur un objet qui fût sujet h s’allonger où à se« raccourcir. Il faut donc qu’il n’y ait dans chaque pays« qu’un seul métal qui soit la monnaie de compte, le« gage des conventions, et la mesure des valeurs (1). »

Ainsi prise à la lettre, l’opinion de Petty et de Lockeserait que non-seulement il ne faut qu’un seul étalon,mais encore que dans chaque pays il ne faut de monnaiequ’en un seul métal. On peut présumer cependant qu’ilsn’auraient pas été inflexibles au sujet du monnayage desdeux métaux, s’il eût dû être entendu qu’un seul des deuxserait l’étalon et que l’autre y serait subordonné.

Depuis Locke, cette opinion fut soutenue en Angleterrepar plusieurs hommes considérables; cependant elle n’aabsolument dominé dans la législation anglaise qu’en 1816.

II n’est pas hors de propos de le remarquer, bien avantl’époque où Locke écrivait, des gouvernements mêmesavaient compris, en Europe, qu’il ne fallait pas fixer unevaleur absolue entre l’or et l’argent. En Angleterre le roiHenri III, lorsqu’il fit frapper de la monnaie d’or, ne ju-gea pas à propos de lui assigner une valeur en argent. IIne serait pas difficile de trouver d’autres exemples dumême fait. Ceci se rattache, ainsi que nous aurons lieude le montrer plus tard, à ce que survivait et se ranimaitde temps en temps la notion que l’étalon des monnaiesétait l’argent, et que l’or, malgré les qualités particulièresqui le recommandent, et nonobstant sa supériorité de va-

()) Further considérations concerning raising (lie value ofmoney;. ou-vrage publié à la fin du xvii 8 siècle. Voyez volume 11, pages 75 et 76 dela réimpression de 1759.