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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION V, CHAPITRE II.

leur, n’était, dans le système monétaire, qu’un métal su-bordonné. On doit rapporter à la même influence quelquesfaits plus caractérisés et plus significatifs, du genre de celui-ci: En Toscane, François II, par un édit du 14 juin 1655,fit défense aux agents des finances de recevoir en paye-ment les pièces d’or qui cependant avaient été frappées àl’hôtel des monnaies de Florence.

Les raisonnements cités plus haut de Petty et de Lockesont sans réplique, en ce sens du moins que, si l’on a unsystème monétaire composé des deux métaux, un seulpeut y être à l’état d’élément fixe, c’est-à-dire servir d’é-talon. L’entreprise consistant à constituer un systèmemonétaire avec les deux métaux sur le pied d’égalité,en attribuant la fixité à l’un aussi bien qu’à l’autre ,est matériellement impossible. Il n’y a dans la nature deschoses rien qui interdise d’avoir simultanément pour leslongueurs deux unités de mesure, comme seraient parexemple le mètre et le pied de roi : l’un et l’autre sont destermes fixes constamment semblables à eux-mêmes. Maisce qui serait chimérique, ce serait de prendre le mètre etun pied qui n’aurait aucun rapport déterminé avec lui etqui, selon le caprice des événements, serait un jour le piedde roi, la semaine suivante le pied du Rhin, puis succes-sivement le pied anglais, le pied de Vienne, le pied de Da-nemark ; on n’aurait ainsi organisé que le désordre. Orc’est exactement ce qu’on ferait si, au lieu de se borneraun seul des métaux précieux pour l’étalon, on entendaitles traiter tous les deux comme tels. Il y a déjà, on l’a vu,un certain inconvénient à prendre un métal comme l’orou l’argent pour le type des valeurs, puisqu’aucun mé-tal, pas plus qu’aucune autre substance, n’a une valeurabsolument fixe, indépendante des temps et des lieux.Mais lorsqu’à un premier métal, qui sera l’argent, parexemple, on en accouple un second, l’or, qui n’est lié avec