142
COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
lui dans sa valeur par aucune relation permanente, et lors-qu’on prétend rapporter la valeur des autres objets à l’unaussi bien qu’àl’autre, c’estlaconfusion des langues qu’onpropose ou qu’on sanctionne.
Comment l’or et l’argent pourraient-ils”à la fois servird’étalon? Ce sont deux marchandises bien distinctes l’unede l’autre, s’extrayant souvent de mines différentes, en cesens que les grandes mines d’or, si elles donnent de l’ar-gent, n’en rendent que de très-petites quantités, et que,dans la plupart des mines d’argent, l’or ne forme qu’unproduit accessoire. La valeur de l’un et de l’autre se déter-mine de même par des circonstances qui leur sont propres,et que règlent pour chacun d’eux l’offre et la demande. Ceserait exagérer sans doute que de représenter la valeur del’or et celle de l’argent comme absolument dégagées detoute relation réciproque ; par cela seul que tous les deuxservent de monnaie, et qu’ils ont ainsi un usage commun,il yabien entre la valeur de celui-ci et la valeur de celui-làune certaine liaison ; mais le lien qui les rattache estélastique, et le rapport entre l’une et l’autre valeur est undes faits les plus mobiles qu’il y ait au monde. C’est cequi sera établi dans le chapitre suivant et dans d’autresparties de ce volume.
WWvV/VjrV'.'WvVVVWWVW'/i/VW^WWVVW >WvWV\^VvVvV>/
CHAPITRE III
L’expérience a montré qu’il est impossible de maintenir un rapport fixe entre lesdeux métaux précieux dans le système monétaire des États. C’est la condam-nation, par la pratique, du système des deux étalons.
Depuis l’origine des temps historiques jusqu’à nous, lerapport entre la valeur de l’or et celle de l’argent a con-tinuellement été en variation; c’est un sujet sur lequel