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LA MONNAIE. SECTION V, CHAPITRE II.
nous aurons à revenir plus tard. Il est facile de prévoir cequi a dû en résulter : toutes les fois qu’un État a eu laprétention de les posséder l’un et l’autre dans son systèmemonétaire avec un rapport fixe, peu de temps après que lerapport avait été établi par la loi, le courant du commercele modifiait en plus ou en moins. Celui des deux métauxqui avait pris, relativement à l’autre, une valeur supé-rieure à celle que portait la loi, s’empressait de vider leslieux, pour aller au dehors chercher un marché où il setrouvât mieux apprécié. De la sorte, malgré la volonté dulégislateur de conserver les deux métaux dans le systèmemonétaire, en fait on se trouvait bientôt n’en retenir plusqu’un. Si, à quelque temps de là, une variation en senscontraire se produisait, celui des deux métaux qui étaitparti revenait, celui qui était resté s’enfuyait. Après unnouveau délai, on en était réduit encore au régime' d’unseul métal, mais ce n’était plus le même.
La France a fourni, dans le dernier demi-siècle, unexemple caractérisé de ce double mouvement. La loi del’an XI avait établi, à titre transitoire, le rapport de 1 à 15et demi entre l’or et l’argent, qui était vrai au momentoù la loi fut faite ; car alors 1 kilogramme d’or était l’équi-valent de 15 kilogrammes et demi d’argent : la pensée dulégislateur, ainsi que nous le montrerons plus tard, étaitque le poids des pièces d'or fût changé lorsque le rapportaurait éprouvé une variation sensible. Les gouvernementscependant ont laissé les choses aller comme si ce rapporttransitoire était permanent et déterminé une fois pourtoutes. Qu’en est-il résulté? La valeur de l’or s’étant unpeu accrue, de manière à être un peu au delà de 15 foiset demi la valeur de l’argent, l’or, n’étant plus traitéen France comme il devait l’être, s’est exporté : il n’y aplus eu de pièces d’or dans la circulation ; le pays n’a pluseu que la monnaie d’argent. Mais en 1848, puis en 1851,