144 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
de nouvelles raines d’or très-importantes sont décou-vertes; la valeur de l’or subit une certaine baisse; elletombe au-dessous de la valeur légale de 15 fois et demil’argent. Il n’en faut pas davantage pour que l’or rentre enFrance avec plus d’impétuosité encore qu’il n’en avait misà en sortir. Par contre, l’argent auquel le rapport légalétait défavorable s’est enfui avec rapidité. Après quel-ques années, les pièces de 5 francs sont devenues unerareté sur nos marchés ; encore un peu de temps, et iln’en restera plus dans le pays, si ce n’est celles que la cir-culation aura trop usées, et qui par conséquent aurontcessé d’avoir une valeur conforme au type. En 1849, onne rencontrait que des pièces d’argent; en 1864,on est déjàfondé à dire qu’en fait de pièces correctes de poids, on nevoit guères plus, dans les transactions du commerce,que des pièces d’or.
Ce changement, dont nous venons d’ètre les témoins,n’est que la répétition de ce qui s’est fait toujours et par-tout. On en rencontre des exemples dans l’histoire d’unpays, l’Angleterre, où les faits monétaires sont meilleursà observer qu’ailleurs, parce qu’ils n’ont pas été compli-qués, si ce n’est pendant un court intervalle de temps,des incidents du faux monnayage qui les dénature et enfausse tous les aspects. Parmi ces exemples, nous en cite-rons un qui n’est pas sans analogie avec ce qui se passeprésentement en France. Sous Guillaume 111, le roiet le parlement avaient entrepris de doter le pays d’unebonne monnaie, tout en maintenant la circulation pa-rallèle de l’or et de l’argent. On avait refondu à grandsfrais la monnaie d’argent, qui était profondément usée.Afin que la fixation d’un rapport absolu entre la valeur desdeux métaux ne devînt pas la cause déterminante et insur-montable de l’exportation de l’un des deux, on s’étaitabstenu de rien établir de semblable ; le parlement s’était