LA MONNAIE. SECTION V, CHAPITRE III. U3
contenté d’assigner un maximum que l’or ne pourraitexcéder relativement à l’argent, et le niveau de ce maxi-mum était tellement élevé, qu’en réalité, il laissait auxparticuliers toute liberté. On se flattait de s’être ainsi placédans les meilleures conditions pour maintenir la circula-tion parallèle des deux métaux. Cette combinaison sagefut cependant déjouée par un fait qui, de la part du pu-blic, semble, à la distance où nous sommes, n’avoir étéqu’une fantaisie. L’usage s’établit dans les transactions deprendre la pièce d’or nommée guinée pour 21 schellings 1/2d’argent, quoique, d’après la valeur comparée des lingotsdes deux métaux, elle n’eût dû passer que pour 20 1/2 ou20 2/3. Peut-être le public se laissait-il influencer par lesouvenir des embarras et des pertes qu’avait occasionnéesla monnaie d’argent alors qu’elle était rognée, usée, mé-langée de pièces fausses; peut-être était-il, à un degréextrême, sous le charme du mérite qu’a l’or d’être plusportatif. Cette faveur excessive de l’or subsistait, à tort ou àraison, et paralysait les intentions qu’avait eues le législa-teur. Dans cette situation, les pièces d’argent sous-évaluéessur le marché anglais s’exportaient en masse et étaientremplacées par l’or qui s’importait en quantité correspon-dante. Le gouvernement s’en inquiéta et demanda l’avisdu directeur de la monnaie nationale ; c’était le grandNewton. Au milieu des admirables travaux scienti-fiques qui ont entouré son nom d’un si grand lustre, cetesprit supérieur trouvait le temps de remplir minutieu-sement les devoirs de cette charge.
Dans son rapport, à la date du 21 septembre 1717 (1),Newton dit que, si les pièces d’argent s’exportaient, c estque le cours des pièces d’or et des pièces d’argent était tel
(')Ce rapport se trouve dans la publication du club d’Économie poli-tique de Londres : A Select collection of scarce and valuable tracts onMoney.
III.
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