-146 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE,
dans le royaume britannique, que ce dernier métal éprou-vait, au bénéfice de l’or, un notable désavantage par rap-port au cours comparé des lingots dans les principaux Étatsde l’Europe. 11 démontra cette proportion en citant lacote comparée des lingots sur les différents marchés, et larelation admise entre les deux métaux dans les hôtels desmonnaies des différents États ; il tira aussi argument, à bondroit, de certains faits qui s’étaient passés peu d’annéesauparavant et auxquels il avait pris part. «Les louis d’or de« France, disait-il, qui ne valent que 17 schellings et 3 far-« things, passaient en Angleterre pour 17 schellings 6de-« niers. Sur mon avis, le feu roi fit une proclamation qui ne« leur donna cours que pour 17 schellings. Et là-dessus il« en vint une masse se faire fondre àl’hôtel des monnaies,« si bien qu’on en fabriqua quatorze cent mille livres« sterling. Si le profit de 5 deniers et 1 farthing par louis,« (soit 35 centimes 1/2 sur 24 fr. 15, ou 4 pourcent),« était suffisant pour attirer en Angleterre une si grande« quantité de monnaie française, et s’il n’a fallu qu’une« différence de 3 farthings par louis d’or (soit 7 centimes 1 /2« sur 24 fr. 15, ou 3 pour mille), pour que des divers« points de l’Angleterre ils affluassent à la Monnaie, la« prime de 9 deniers 1/2 au moins par guinée a dû suf-fi lire pour faire affluer en Angleterre la grande quan-« tité d’or qui s’y est fait monnayer depuis 15 ans, sans« mélange d’aucune importation d’argent. »
Newton citait un fait absolument semblable qui avait eulieu au sujet des moïdores du Portugal.
Newton conclut en indiquant , comme le meilleurmoyen de retenir l’argent, la substitution, par l’autoritéd’une proclamation royale, au rapport adopté sans ré-flexion par le public, qui assimilait à la guinée (pièced’or), 21 schellings 1/2 (pièces d’argent), le rapport plusexact de 20 schellings 2/3 (ou 20 schellings 8 pence). Alors