Buch 
La monnaie / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
147
JPEG-Download
 

147

LA MONNAIE. SECTION V, CHAPITRE III.

le pays n’aurait plus la tentation d’exporter de l’argent depréférence à l’or; pour plus de circonspection, il con-seillait de faire l’opération en deux fois, en adoptant, deprime abord, la proportion de 21 schellings : il faisait re-marquer qu’après ce premier pas, par les résultats mêmesqu’on aurait obtenus, on jugerait mieux de ce qui resteraità faire.

L’avis de Newton fut adopté. Une proclamation royale,confirmée par un vote du parlement, mit à 21 schellingsla valeur de la guinée ; mais ensuite, emporté par le cou-rant des événements, et saisi d’autres affaires, le gouver-nement oublia que ce n’était là qu’un premier acte, et que,pour arriver au dénoûment, il en fallait un second. Laréduction subséquente, dont la nécessité avait apparu àNewton lui-même et avait été signalée par lui, ne fut pasopérée, et, sous cette influence combinée avec d’autrescirconstances qu il serait superflu de déduire ici, l’or de-meura de fait la monnaie principale de la Grande-Bre-tagne, jusqu’à ce que, en 1816, une loi l’investît exclu-sivement de la qualité d’étalon et même de monnaieproprement dite.

Il n’est pas inutile de rappeler cependant que Newtonsignalait aussi comme une solution la temporisation même.Il regardait comme possible, et même comme certain, que,lorsque la proportion de l’argent aurait dépassé un certainpoint, le public renoncerait, de lui-même, à une exagéra-tion non motivée qu’il avait attribuée à la valeur de l’or.Cette solution n’était peut-être pas la moins conforme àl’économie politique telle qu’elle doit être comprise etpratiquée chez les peuples les plus civilisés.