150 COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.
taient passés .se répètent en renversant les rôles. Aprèsun certain temps, pour retenir l’or dans la circulation,il faut faire un changement dans les poids respectifsdes deux unités monétaires. On procède dans le mêmeesprit que la première fois. De même qu’alors on avaitlaissé intacte l’unité d’argent, métal qui avait baissé, cettefois on ne touche pas à l’unité d'or, mais on diminue celled’argent, ainsi que la première fois on avait fait pour l’or.Le rapport de valeur entre les deux métaux est, commeau point de départ, de 1 à 15 t/2. Mais le franc d’argent,au lieu de 5 grammes, au titre de 9/10 de fin, ne pèse plusque 4 grammes 50 centigrammes, et le franc d’or, au lieude 6 grammes 45 centigrammes, est à 5 grammes 805 mil-ligrammes.
Ce va-et-vient se continuera indéfiniment. Chacunedes volte-faces se fait avec toutes les apparences, toutesles formes extérieures de la légalité, et, quoi qu’en puissepenser celui qui se place au point de vue de l’impartialeéquité, il n’y a rien à redire du moment qu’on a admis lefallacieux système du double étalon. A chaque fois lescréanciers de l’État et ceux des particuliers se trouventdépouillés de quelque chose, jusqu’à ce que, à la fin, letemps aidant, ils restent à peu près nus. En supposantque la scène se passe en un lieû où notre franc serait enusage, cette pièce, qui, à l’origine, contenait 5 grammesd’argent, au titre de 9/10 de fin, est successivement ré-duite à n’en renfermer plus que 4, que 3, et toujours demoins en moins. Le balancement alternatif en vertu du-quel, à la faveur de l’hypothèse mensongère des deux éta-lons, on aurait constamment pour type de fait le métalqui viendrait de s’avilir relativement, serait uq nouveauprocédé avec lequel on arriverait exactement au mêmerésultat que cherchaient et obtenaient effrontément lesrois faux monnayeurs, lorsqu’ils mettaient du cuivre dans