LA MONNAIE. SECTION V, CHAPITRE VI. 157
se trouvait sous le régime du papier-monnaie. Il est per-mis de croire que lord Liverpool se faisait illusion quandil soutenait que la loi et la tradition ne conféraient à aucundes deux métaux précieux la qualité positive d’étalon àl’exclusion de l’autre. Le fait est que la loi et la traditionsubordonnaient l’or à l’argent. Si, pendant une certainepériode, antérieurement à la suspension des payements enespèces par la banque d’Angleterre, età l’usage exclusif dubillet de banque qui s’ensuivit, l’or avait dominé dans lacirculation, c’était une question de quantité et de bon étatde conservation des pièces, qui ne constituait pas undroit, et il n’en était pas moins vrai que la pièce d’orétait évaluée en schellings, c’est-à-dire en pièces d’argent.Mais, une fois admis l’opinion de lord Liverpool sur laparité des rôles de l’or et de l’argent devant la loi, onconçoit que ce ministre en ait tiré, et que le Parlement aitsanctionné de son vote la conclusion qu’on était enpleine liberté de choisir l’or ou l’argent.
Un des cas où l’on serait le moins autorisé à changerd’étalon serait celui où, l’un des deux métaux précieuxjusque-là investi de cette attribution conservant à peuprès sa valeur relative, l’autre, auquel il s’agirait de fairepasser cette qualité, éprouverait ou serait, selon la vrai-semblance, au moment d’éprouver une variation mar-quée. La substitution proposée alors du second au premierpour l’emploi d’étalon serait non-seulement inopportune,mais au rebours de l’équité; ce serait le renversement desnotions les mieux établies sur la nature de la monnaie, etsur les conditions requises d’une substance, pour qu’ellepuisse prétendre à en servir. On sait, en effet, que la fixitéapproximative de valeur par rapport à l’ensemble des mar-chandises est au nombre de ces conditions, la plus essen-helle de toutes peut-être. Plaçons-nous, par exemple, enface de la proposition qui consisterait à proclamer que l’or