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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
est l’étalon dans un pays où jusque-là l’argent aurait rem-pli cette fonction, en un moment où les circonstances dé-terminantes de la valeur de l’argent par rapport aux autresproduits de l’industrie humaine demeureraient, du faitde l’argent, passablement identiques, et où au contraireéclateraient des faits nouveaux et insolites qui devraientabaisser notablement la valeur de l’or. Une pareille propo-sition ne pourrait qu’être réprouvée; elle aurait les prin-cipes manifestement contre elle.
Prenons l’hypothèse opposée. Supposons un pays oùl’or se trouverait en possession des attributions de métalétalon, et admettons que les signes des temps, les circon-stances propres à la production de l’or et au commerce dece métal, en annoncent la baisse durable. Que faudrait-ilfaire, que pourrait-on faire? Le cas ne laisserait pas qued’être embarrassant.
Pour mieux spécifier, envisageons l’Angleterre dans lescirconstances actuelles où l’or semble condamné à unebaisse. L’Angleterre, depuis 1816, a très-clairement l’éta-lon d’or. Si l’on parlait d’v substituer l’argent à l’or, lesdébiteurs, au nombre et en tête desquels est l’État, repré-senteraient que, s’il est vrai que la diminution déjà encou-rue ou à encourir par la valeur de l’or doive tourner à leuravantage, il est également vrai que la hausse du même mé-tal, si elle avait eu lieu, aurait été à leur détriment et auprofit des créanciers; que si le sort se prononce en leurfaveur, les créanciers doivent se soumettre comme ilsl’eussent fait eux-mêmes dans l’hypothèse adverse : àchacun sa chance. Il y a eu, dans l’histoire de l’Angle-terre moderne, des jours où les débiteurs ont eu à pâtir dela hausse de l’or, soit par rapport à la valeur passée dece métal, soit plus encore par rapport au papier-monnaiequ’ils avaient reçu, eux débiteurs, quand ils avaient con-tracté leur dette, à divers moments de la période de 1797