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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION V, CHAPITRE VI. 159

à 1819, et dont ils avaient dû, quand ils s’étaient ac-quittés après cette dernière date, faire le remboursementen espèces d'or au pair. Les choses se sont accompliesalors comme si le métal eût enchéri de 5, de 10, etmême de 20 et 30 pour cent, car l’avilissement du pa-pier-monnaie a été dans ces proportions diverses. Par lamême raison, dirait-on, que le débiteur a ainsi subi laconséquence de l’étalon d’or, le créancier peut et doit lasupporter aujourd’hui et demain. Pour la trésorerie an-glaise, qui est débitrice d’une somme telle que le servicede la dette exige le payement annuel d’environ 28 mil-lions sterling (700 millions de fr.), ce serait certainementun grand avantage que d’acquitter cette énorme annuitéde 28 millions de fois 7 grammes 318 (204,904 kil.)d’or fin, en n’imposant au contribuable qu’une chargede 30 pour cent moindre, dans la supposition que l’oreût baissé de 30 pour cent. Cette même trésoreriea négocié des emprunts considérables dont elle a reçule montant en papier-monnaie, alors que ce papier étaitdéprécié de 20 et 30 pour cent, et, depuis le rétablis-sement de la circulation métallique, elle n’en a pasmoins payé les arrérages de la totalité de la dette publi-que en métal,ou en billets de banque équivalant à du mé-tal, sur le pied de la convention primitive. N’est-elle pasautorisée donc à retirer le bénéfice de la même loi dontelle a eu à supporter l’effet contraire ?

A ces considérations qui en droit sont du plus grandpoids et fort malaisées à réfuter, on en oppose d’au-tres qu’un auteur anglais, M. James Maclaren, a faitvaloir avec beaucoup de force (1). Le maintien d’unemonnaie dont la substance serait en cours prononcéf t avilissement entraîne une masse d’inconvénients qui se-

d) Lan s son écrit intitulé : ASketch of the history of the currency.