166
COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
qu’il est arrivé à Londres une masse de lingots de la Sibé-rie, ou delà Californie, ou de l’Australie. Mais si, en mesupposant encore à l’époque où la circulation françaiseétait en argent, après que les côtes du Mexique auront ététenues bloquées pendant quelque temps, j’aperçois que 1 ora baissé à Paris, je dois penser, non que ce métal a réel-lement diminué de valeur, mais que c’est l’argent qui amonté. C’est seulement lorsque les faits sont bien caracté-risés qu’on parvient à discerner la réalité derrière ^appa-rence; lorsqu’il s’agit de variations très-faibles, et si lescirconstances sont ordinaires, il est à peu près impossiblede décider de quel côté a été le changement.
Les faits peuvent même être plus complexes que nousne venons de le dire, car il est possible que les phénomènesobservés résultent des variations des deux métaux à la fois,soit qu’ils aient eu tous les deux le même mouvement, soitque leurs oscillations aient été opposées. Dans le premiercas les écarts se contrarient ; dans le second ils s’ajoutent;dans l’un et l’autre, la variation propre à chacun des deuxest mal aisée à estimer.
Les témoignages qu’on peut recueillir sur les variationsrespectives qu’éprouvent les deux métaux précieux doiventdonc être accueillis avec beaucoup de réserve. Avant qu’onsoit en droit d’en tirer aucune conséquence, il convientde les faire passer par le creuset d’une enquête minu-tieuse.
Lord Liverpool mentionne des résultats apparents qu’ilprésente comme la réalité même, et d’où il conclut quel’argent varie beaucoup plus que l’or. En vingt-deux ans,de 1774 à 1797, l’argent en piastres aurait varié sur lemarché anglais de 12 p. 100, et pendant une seule année,en 1797, la variation aurait été de plus de 9. L’or, dansle même temps, variait de moins d’un demi-centième,d’après le taux des achats faits par la Banque d’Angleterre