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LA MONNAIE. SECTION VI, CHAPITRE II.
Banque d’Angleterre ou la Banque de France, l’existenced’une monnaie double aurait l’utilité d’augmenter les ga-ranties contre la suspension des payements en espèces deces grands établissements régulateurs, sinon dispensateursdu crédit. Lorsqu’on peut s’acquitter avec deux matières,on est plus assuré d’en trouver ce qu’on veut que sil’on ne pouvait payer qu’avec une. Cet argument, qui adu poids, en acquiert plus encore, si l’on réfléchit qu’ilest fondé, non-seulement à l’égard des banques, maisaussi bien pour les particuliers.
Un deshommes d’Étatles plus illustres des États-Unis,linancier de premier ordre, M. Gallatin, qui était partisandu double monnayage, l’appuyait, entre autres motifs, deconsidérations tirées de la solidité à donner aux banquesaméricaines (1).
Ainsi, sur la première question de savoir s’il existe debonnes raisons pour maintenir les deux métaux précieuxdans le système monétaire de tout grand État, la réponsesemble devoir être affirmative.
Une monnaie à deux métaux soulève pourtant uneobjection sérieuse : ce n’est plus une monnaie homogène.Mirabeau critiquait l’emploi simultané de deux métaux,e R disant : « La monnaie est une mesure, et une mesuredoit avoir les mêmes rapports dans toutes ses parties. Or iles t impossible de trouver (constamment), dans le cuivre etdaus l’or, les mêmes rapports que dans l’argent. » Cepen-dant, quand Mirabeau en vient à tracer un système moné-la ire, est-ce qu’il supprime la monnaie d’or ? Non, il dé-pose la monnaie d’argent d’une qualification particulière :d l’appelle constitutionnelle, ce qui, dans sa pensée, ré-bond à l’attribut d'étalon. Mais à côté, il place la mon-naie d’or, soit comme une ressource pour la facilité des
(1) Considération on the currency and the bankiny System o{ the United-' tates ‘ Pages GO et suivantes.
III.
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