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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

payements en général, soit comme une commodité pourles personnes en nombre infini qui tiennent à porter surelles une certaine somme sans que ce soit une charge in-commode.

Mais comment s’y prendra un État pour avoir dans sonsystème monétaire, à côté d’un premier métal, l’argent,par exemple, qui seul remplira le rôle d’étalon, l’autremétal précieux, l’or, dans des conditions telles qu’il n’a-bandonne pas le courant de la circulation ?

A cette deuxième question, Mirabeau fournissait uneréponse qui n’est pas sans quelque analogie avec l’usageimposé à la Banque d’Angleterre, en faveur des lingotsd’argent, parla célèbre loi organique de 1844. Il pro-posait « qu’on eût des pièces d’or d’un titre et d’unpoids déterminés, mais sans aucun rapport fixe, quant àla valeur, avec la monnaie d’argent ; leur valeur devaitdépendre du prix de l’or dans le commerce (1). » L’or de-vait donc circuler dans le public comme un lingot dont lamatière varie de prix, comme l’argent circule entre lepublic et la Banque d’Angleterre. Il y aurait eu cependantcette circonstance déplus que le poids et le titre du lingotauraient été certifiés par le monnayage.

La solution recommandée par Mirabeau remonte plusloin que lui. On en retrouverait des exemples du temps dela Renaissance dans différents États, à Florence, en An-gleterre même sous Henri III. Ce prince fit frapper despièces d’or ; mais les particuliers ne les acceptaient qu’àprix débattus. Locke avait signalé cette combinaison dansun premier écrit. Elle a été reproduite dans quelques-unsdes actes législatifs de la France de 1789, antérieurementà l’an XI, date de la loi qui régit encore notre système.Pendant la discussion de la loi de l’an XI, elle avait

(1) Discours déjà cité, page 107.