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La monnaie / par Michel Chevalier
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180 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE,

quée. Locke lui-même, après plus mûre réflexion, avaitchangé d’avis, et avait reconnu qu’il serait impraticable defaire circuler les pièces d’or dans le public, à moins d’unefixation officielle de leur valeur par rapport à l’argent.

Tant qu’un acte de l’autorité n’aurait pas réglé, parrapport à l’unité monétaire qui est en argent, la valeurdes pièces d’or, jusque-là,' ces pièces, a-t-on dit, nepourraient avoir qu’une circulation très-laborieuse dansune multitude de transactions, dans celles qui, si elles neportent pas sur les plus grosses sommes, sont les plusfréquentes, et reviennent à chaque instant. Hors de là,on ne pourrait s’en servir que dans les affaires qui se trai-tent de commerçant à commerçant, et où il s’agit, en gé-néral, de sommes assez fortes ; à peu près comme dans laGrande-Bretagne, les lingots d’argent (qui,, par l’achat etla vente qu’en fait la Banque d’Angleterre, redeviennentune espèce de monnaie),n’apparaissent que dans de gros-ses opérations entre la Banque et le public.

Le législateur français, quand il fit la loi du 28 ther-midor an III, entreprit de suivre pour l’or les errementsindiqués par Mirabeau. Il prescrivit la fabrication de piè-ces d’or du poids de 10 grammes, au titre de 9/10, sansaucune détermination de la valeur légale par rapport àl’argent, qui est le type et l’étalon. Cette loi resta sansapplication. Personne ne se soucia de faire frapper deces espèces de lingots. Les choses restèrent dans cet étatjusqu’en l’an XI, où la loi du 7 germinal, qui d’ailleurs,modifia, et fâcheusement, le poids de la pièce d’or, fixale rapport, juste à ce moment-là, de 1 à 15 */± entre lesdeux métaux.

On sut dès lors avec précision combien d’unités moné-taires ou de francs valait chaque pièce d’or. On prit mêmeun soin dont il eût été sage de se dispenser : on écri-vit en toutes lettres ce nombre d’unités monétaires sur ces