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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION VI, CHAPITRE II. 181

pièces. Immédiatement des pièces d’or furent frappéesen abondance.

L’histoire des monnaies modernes présente un certainnombre de cas où l’on voit de même le monnayage despièces d’or rester impraticable ou n’atteindre que desproportions très-limitées, tant qu’un acte de l’autorité n’apas indiqué le rapport entre la valeur de ces pièces d’or etl’unité monétaire, celle-ci étant faite d’un autre métal.

Ce n’est pas qu’on ne puisse citer un certain nombred’exemples dans lesquels la circulation parallèle des deuxmétaux précieux s’est établie, en laissant au com-merce le soin de régler lui-même la valeur des pièces d’oren monnaie d’argent. Les ducats de Hollande peuventêtre invoqués à bon droit à cet égard ; ils circulaient avecfaveur dans une grande partie de l’Europe. Un fait analo-gue s’est produit en Angleterre, dans le dix-septièmè siècleet au commencement du dix-huitième, pour les guinées,à l’égard desquelles le public avait de lui-même adopté lavaleur de 21 schellings */ 2 qu’aucune loi ne mentionnait.Il convient de remarquer cependant que le ducat de Hol-lande était moins une monnaie hollandaise qu’une mon-naie européenne. Au milieu de la bigarrure des systèmesmonétaires des différents États, et avec la défiance tropsouvent méritée qui s’attachait aux espèces propres à cha-que territoire, il était éminemment utile et commode auxvoyageurs d’avoir une monnaie d’or qui fût acceptée par-tout. Le ducat de Hollande répondait à ce besoin, à causede la confiance qu’inspirait le gouvernement sous les aus-pices duquel il était fabriqué. Quant à ce qui a pu sePasser en Angleterre pour les guinées au dix-septième siè-c le et jusqu’en 1717 , on sait que le public anglais a deshabitudes d’initiative dont les peuples continentaux de1 Europe n’ont pas jusqu’à ce jour trouvé le secret. Il se-r ait donc téméraire d’espérer sur le continent que le li-