LA MONNAIE. SECTION VI, CHAPITRE IV. 189
losophie moderne , la constitution monétaire actuelledes principaux États civilisés n 'est qu’un retour aux véri-tables principes qui ont dominé, dès le huitième siècleavant notre ère, dans le monde hellénique, et qui, con-stamment respectés et mis en pratique par les république sdelà Grèce, ont transpiré jusque dans le monde asiatiquepar l’empire dés Perses, et se sont perpétués dans la répu-blique romaine où ils n’ont commencé à s’oblitérer et àse perdre qu’après la chute des constitutions républicaineset l’anéantissement de la liberté.
Il n’entre pas dans le cadre de cet ouvrage d’exposerle système monétaire des cités grecques, tel que les numis-mates modernes, à force de recherches savantes, sont ar-rivés à le reconstituer. Il règne d’ailleurs sur plusieurscôtés de cette intéressante partie de l’archéologie uneobscurité que les patientes investigations d’écrivains in-génieux et érudits ne sont pas encore parvenues à dissipercomplètement.
Je me bornerai à signaler, à l’appui de l’assertion quej’ai émise en tête de ce chapitre, deux points fondamen-taux que la science économique, aidée des découvertesnumismatiques, a mis désormais en pleine lumière.
Le premier, c’est que les républiques de la Grèce ap-portaient le plus grand soin à maintenir l’intégrité deleurs monnaies.
Le second, c’est que ces mêmes États ont toujourstenu à ce que le rapport de valeur des monnaies d’or et
celles d’argent fût conforme auxvariations que la valeurde ces deux métaux éprouvait dans le commerce.
Mise en pratique pour la première fois à Égine par^hidon, roi d’Argos, dans le huitième siècle avant notreei ’ e > la drachme (1), monnaie d’argent qui pesaitenviron
(*) La drachme était un poids égal à ta six millième partie du talenteuboïqup.