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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
La lecture de ces cinq pièces est d’un effet décisif, onle verra dans un instant, quand nous en donnerons lasubstance, par rapport au point qui nous occupe, celuide savoir si le législateur de l’an XI a voulu le simple éta-lon ou le double.
Au reste, il suffît de lire attentivement le texte mêmede la loi, séparé de tout document, et d’en étudier lacontexture pour être édifié sur la question. Ce texte, eneffet, est loin d’établir la parité entre les deux métauxprécieux ; il confère à l’argent le rang supérieur. 11 portesans doute qu’il sera fabriqué des pièces d’or, et il déter-mine, non-seulement le poids, mais la valeur de ces piè-ces ; mais il n’en réserve pas moins à l’argent l’attributionla plus importante, celle de constituer l’unité monétaire.11 ne dit aucunement qu’il y aura deux unités monétairesdistinctes, l’une en or, l’autre en argent ; au contraire, ilcontient un article hors rang, d’après lequel c’est l’ar-gent qui est expressément investi de cette haute préroga-tive. Je ne conteste pas que, isolé de tout document, letexte de la loi ne présente un certain degré d’obscuritéqu’il eût été sage d’éviter. 11 crée, entre les deux métaux,un rapport de valeur représenté par les deux termes 1et 15 1/2, ou plutôt, il reconnaît ce qui existait alorsdans le commerce. Il y avait quelque chose à faire pardelà. Il y avait à prévoir ce qui arriverait lorsque ce rap-port, qui existait alors dans le commerce, serait dérangé ;or, à cet égard, le texte de la loi se tait ou paraît se taire,ce qui est regrettable : les lois doivent parler clairement.Est-on autorisé cependant à interpréter ce silence, com-plet ou non, du texte pour dire que le législateur de l’anXI a entendu perpétuer, dans la monnaie française, lerapport de 1 à 15 1/2 entre l’or et l’argent, alors que cerapport serait renversé dans le commerce, ou que si,cédant à la nécessité, au droit et au bon sens, l’onchan-