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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
rien n'est plus mobile que le rapport de valeur entre lesdeux métaux précieux, et que ce serait une énorme dé-pense pour ceux à la charge desquels la refonte seraitmise. Gaudin répliquait en niant que la refonte dût être,à beaucoup près, aussi fréquente qu’on le disait, et qu’ellepût être une opération dispendieuse. Sur le premier point,il représentait qu’elle ne devrait avoir lieu que tous lescinquante ans au plus, même en tenant compte de ce que, àl’influence des changements dans la production des mines,se joindrait celle de l’affaiblissement des pièces par la cir-culation, et il citait en preuve l’expérience faite de 1726à 1785. A l’égard des frais de la refonte, il était plus af-firmatif encore: il faisait le calcul de ce qu’ils pourraientêtre, et établissait que ce serait une somme relativementinsignifiante. Laissons-le parler lui-même.
« Voyons donc quelles sont les causes qui déterminent la refonte del’or et quels en sont les frais. C’est de l’abondance ou de la stérilité desmines d’or et d’argent que Ton peut attendre la variation dans la valeurrelative de ces métaux. Lorsque cette variation devient considérable, ilest évident que la proportion entre l’or et l’argent doit changer. C’est làune cause déterminante pour refondre l’or, mais cette cause doit-ellearriver fréquemment ? On ne peut se le persuader.
« La diminution du poids de la pièce d’or par une longue circulationmet encore dans la nécessité de la refondre. Voilà, ce me semble, lesdeux seules causes qui obligent à la refonte ; mais cette dernière n’occa-sionne qu’une refonte partielle, celle des pièces trop usées.
«Cesdeux causes réunies ne pourront produire d’effet sensible que tousles cinquante ans au plus ; car depuis 1726 les piècesd’or avaient circuléjusqu’en 1786 sans que leur empreinte eût reçu beaucoup d’altération,et dans ce long espace de temps, ni l’abondance ni la stérilité des minesn’avaient présenté la nécessité d’un changement dans la proportion del’or avec l’argent. En 1786, époque de la refonte, on fabriquait dans leshôtels-des-inonnaies autant de pièces d’or qu’on avait accoutumé d’en fa-briquer. Aussi les auteurs de la refonte du ministère Calonne ont en vaincherché à justifier leur opération lorsqu’elle a été attaquée de toutesparts.
« Jusqu’à présent les refontes de monnaies ont été désastreuses pour lepeuple et pour le commerce : c’était une spéculation du gouvernement ;c’était une véritable imposition. Ce système ne se reproduira plus et la