LA MONNAIE. SECTION VII, CHAPITRE II. "215
fonte des monnaies ne sera que l’effet du besoin sans aucun intérêt pourle gouvernement. »
Gaudin parlait juste quand il signalait la modicité desfrais d’une refonte. Comme il soutenait que ces frais de-vraient être à la charge des particuliers possesseurs desespèces, il s’ensuit que, dans sa pensée, la dépense de larefonte, même modérée comme elle devait l’être, n’eûtaffecté en rien les intérêts de l’État.
Mais Gaudin se trompait dans les inductions qu’il tiraitde l’expérience, au sujet de la fréquence des refontes. Lepassé lui semblait démontrer que le rapport entre l’or etl’argent pouvait se modifier et s’écarter d’une manièrepassablement sensible de ce qui aurait été convenu, sansqu’un des deux métaux s’enfuît de la circulation, et parconséquent sans qu’il fût nécessaire de refondre les piècesd’or. 11 était ainsi porté à croire que, sous l’influetice d’unpetit changement dans le rapport effectif de valeur entreles deux métaux, le courant des transactions ne cesseraitpas de les conserver tous les deux. D’après l’exemple qu’ilcitait des pièces d’or fabriquées en 1726 sur le pied de1 d’or contre 141/2 d’argent,qui restaient dans la circula-tion alors que le rapport des deux métaux était devenu,dans sa propre estimation, celui de 1 à 15, ou serait fondéà croire qu’il jugeait que les pièces d’or de 20 et de 40francs continueraient à circuler en quantité, quand bienmême au rapport de 1 à 15 1/2, un autre se serait substi-tué, qui en différât comme celui de 1 à 15 ou celui de 1 à16. Pour un homme pratique, c’était un premier tort deconclure d’un fait isolé, sans rechercher si l’histoire gé-oérale des monnaies n’en présentait pas d’autres qui fus-sent en sens contraire. C’en était un second de prétendreuppliquer à la France régénérée en 1789 une conclusionCttipruntéeàl’histoiredel’ancien régime,oùles transactionsn av aientqu’unelibertéfortrestreinte,oùlemonnayageétait