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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

C’est le cuivre qui ordinairement sert à cet usage.Moyennant ce mélange, l’or et l’argent se déformentmoins, gardent plus fidèlement l’empreinte dont on les arevêtus et durent beaucoup plus.

Les monnaies de l’antiquité, du moins celles d’or,étaient, autant qu’on le pouvait dans ce temps-là, de mé-tal fin. Selon Hérodote, les dariques émises par Darius,fils d’Ilystaspe, étaient remarquables sous ce rapport, etce prince en tirait vanité. L ’aureus de Jules César et lesolidus du Bas-Empire étaient également en or fin. Demême le besant ou byzant, qui fut frappé originairementà Constantinople, dans la suite du Bas-Empire, et quereproduisirent plusieurs souverains de l’Europe. Demême le florin, qui fut d’abord une pièce d’or émise dansla ville de Florence, au treizième siècle (1), et qu’on nom-mait Florence à l’origine. Cette pureté extrême de lamonnaie ne répondait à aucun besoin public, car l’im-portant n’est pas de savoir qu’une pièce ne contient pointd’alliage, mais combien elle en contient, et d’être assuréqu’elle est toujours semblable à elle-même. On ne seraitguère fondé à dire que de l’emploi de l’alliage est venue, àdes princes dépensiers et réduits aux expédients, la ten-tation de faire de la fausse monnaie en forçant la dose.L’idée de fausser la monnaie a dû se présenter tout na-turellement en tout temps. 11 a dû y avoir et il y a eu detoute éternité des faux-monnayeurs, parce que de touttemps il y a eu de la fraude.

On sait que la proportion de métal fin qui existe dansla monnaie en est ce qu’on nomme le titre. La limite danslaquelle il est permis de s’écarter du titre, qu’il serait dif-ficile d’observer avec une fidélité mathématique dans unegrande fabrication, est ce qu’on nomme la tolérance de

(1) A Treatise on the coins, etc., pages 41 et suivantes.