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La monnaie / par Michel Chevalier
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232 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

mide (1). Les monnaies frappées antérieurement, qu’oncroyait au titre de 900 millièmes, étaient réellement autitre de 904. Depuis lors, on s’est exactement conformé àla loi constitutive de notre système monétaire, d’après la-quelle le titre doit être de 900 millièmes.

Les com merçants en métaux ont profité de la circonstancepour refondre les anciennes pièces de 5 fr., lorsqu’ellesétaient avantageuses de poids et qu’elles contenaient laproportion d’un millième en or, qui est habituelle dans lespièces frappées avant 1825 (2). C’est ainsi qu’une immensequantité de pièces d’argent de 5 francs ont été affinées,c’est-à-dire qu’on en a séparé l’or. Quelques personnes ontblâmé ces entreprises. Ces personnes supposent que l’affi-neur fait une mauvaise action quand il dégage de nosmonnaies un excès de métal dont on n’y soupçonnait pasl’existence, et qu’en même temps il en retire de l’or qui yavait été laissé par mégardeou par l’imperfection des artsmétallurgiques. Bien au contraire, l’affineur, par cetteopération double, rend un service à la société; c’est exac-tement comme s’il eût découvert et mis en exploi-tation une mine d’argent et d’or donnant un bénéficecertain.

L’État aurait eu le droit de s’approprier le profit querend cette exploitation des monnaies^ mais non pas en sefaisant payer un droit égal à 4 millièmes du poids des ma-tières d’argent qu’on aurait monnayées à l’avenir, ainsiqu’on l’a proposé. La seule voie qu’il eût pu légitimementsuivre eût été d’entreprendre pour son compte la refonteet l’affinage des pièces de 5 fr. antérieures à 1825, où

(t) La précipitation de l’argent sous la forme de chlorure.

(2) Les changeurs trient toutes les pièces de S francs qui passent parleurs mains et mettent à part celles des types Hercule, Napoléon etLouis XVIII, lorsqu’elles pèsent 2S grammes. Un sac trié de 1,000 francs,valeur nominale, se vend t,003 fr. {Rapport final de MM. Damas et dey Colmont, page 128.)