LA MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE I. 233
l’excès d’argent s’unissait à une fraction appréciable d’or.On le lui a conseillé. Il s’y estrefusé, il a eu tort.
On avait parlé aussi d’élever à 904 millièmes le titre denos monnaies d’argent, ou plutôt de l’y maintenir, car il yétait déjà sans qu’on s’en fût douté. Cette combinaison ce-pendant aurait eu un double inconvénient : l’État auraitrenoncé par là au bénéfice, qui lui appartenait, de la re-fonte des pièces de 5 fr. frappées avant 1825 ; de plus, c’eûtété un échec pour le système décimal des poids et mesuresduquel la nation tire justement vanité.
En France la tolérance de titre qui est, avons-nous dit,de 2 millièmes, soit en dessus soit en dessous, aussi bienpour l’argent que pour l’or, se rapporte à chaque pièceisolément.
En Angleterre, la tolérance de titre est rapportée à lalivre pesant de pièces prises au hasard, et non à chaquepièce. On l’a successivement diminuée. Depuis 1817, elleest pour l’or de 26 dix-millièmes (0.0026), en dessus eten dessous; pour l’argent, qui est déchu du rang demonnaie pour n’être plus que du billon, elle est de 0.0042.
Aux États-Unis, d’après la loi de 1837, elle est de 2 mil-lièmes pour l’or et de 3 pour l’argent; c’est ce qu’elleétait alors en France. Mais, d’après le texte de la loi, elleest rapportée à chaque lingot avant le laminage : on aainsi moins de certitude encore qu’en Angleterre, à l’é-b'ard des pièces isolées.
Les pièces de monnaie étant un poids certifié de métauxprécieux mêlés d’un alliage dont la proportion est con-nue , il est convenable qu’elles soient dans un rapport sim-ple avec l’unité de poids ; c’est ce qui avait lieu à l’origine,rûais ce qui n’existe plus, si ce n’est par exception dansQuelques États. En Angleterre, lorsque Édouard VI, re-v enu d e ses erreurS) entreprit la restauration des mon-naies > il voulut que le schelling fût exactement la soixan-