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La monnaie / par Michel Chevalier
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268 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

moyenne des espèces en circulation. L’argument est spé-cieux et il a rencontré, sur le terrain de la pratique, desavocats habiles et ardents parmi des hommes d’État quepréoccupait la gêne du Trésor ; des discussions approfon-dies se sont engagées sur ce sujet dans les conseils des gou-vernements et dans les assemblées délibérantes, et ellesn’ont pas reçu toujours la même solution. Tantôt on s’estdécidé à observer les règles d’une équité scrupuleuse, tantôton en a dévié par condescendance pour une Trésorerienécessiteuse ou méconnaissant ses devoirs.

L’Angleterre a vu deux fois la question soumise auxdélibérations de son Parlement, et, les deux fois, l’issue dudébat a été conforme aux principes : la fixité de l’unitémonétaire a été scrupuleusement respectée. La premièrefois, ce fut sous le règne de Guillaume III, à la fin du dix-septième siècle. On n’avait plus qu’une monnaie affai^,blie non-seulement par l’usage, mais surtout par la cou-„pable industrie des rogneurs qui s’exerçait avec uneimpudence inouïe, malgré l’extrême sévérité que les tri-bunaux ne se lassaient pas de déployer contre eux. Ungrand nombre de personnes étaient d’avis de sanction-ner l’affaiblissement de la monnaie en fondant des piècesnouvelles dont le poids répondît à la moyenne des piècesaffaiblies. Cette opinion avait ses défenseurs dans le com-merce, dans le Parlement, dans legouvernement même. LeRoi, momentanément absent de l’Angleterre, avait envoyéle comte de Portland à Londres pour recueillir les dire*des hommes importants et lui rapporter une opinion fon-dée sur l’enquête qu’il aurait faite. Le comte de Portland»après avoir rempli sa mission, vint dire au Roi qu’onpenchait généralement vers l’abaissement du type. LeRoi ne se rendit pas à ces suggestions. Revenu en An-gleterre, il saisit du sujet le Parlement. Un personnagefort influent, le ministre de la Trésorerie, Lowndes»