LA. MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE V. 269était d’avis et proposait d’abaisser l’étalon monétaired’un quart ou d’un cinquième. 11 eut beaucoup d’échodans le public. D’innombrables pétitions dans ce sensétaient adressées au Parlement. Deux des hommes d É-tat les plus distingués de l’époque, Montague, alorschancelier de l’Échiquier, et Somers, combattirent ce pro-jet. Ils recevaient à ce sujet les inspirations de deux desplus grands esprits du siècle, Newton et Locke. Lockeécrivit un mémoire qui produisit beaucoup de sensation.L astronome royal Flamsteed, une autre des célé-brités du temps, prit parti pour l’opinion commune àMontague et Somers, Locke et Newton. C’est lui qui définitspirituellement la controverse en disant que le pointen question était de savoir si cinq faisaient six ou seulementcinq, et en effet la proposition de Lowndes se formulaitainsi : fabriquer le schelling, pièce de 12 pence, avecl’argent fin qui légalement n’en ferait que 9 ou 9 1/2.
A la réunion du Parlement, qui eut lieu le 22 novem-bre 1695, le Roi lui déféra l’affaire par le discoursmême de la couronne. La discussion fut vive dans laChambre des Communes et absorba plusieurs jours.<( A la fin, dit Macaulay, Montague, après avoir battu d’a-bord ceux qui voulaient qu’on laissât les choses dans lestatu quo jusqu’à la paix, puis ceux qui, comme Lown-des, demandaient l’abaissement du schelling, fit passeronze résolutions qui embrassaient les détails de son opi-n bm, sur la question desavoir si l’on maintiendrait l’an-cien poids et l’ancien titre du schelling. La majorité futde 225 contre 144. » Quelques jours plus tard fut votée labd qui pourvoyait à l’exécution delà mesure par le moyendun monnayage nouveau, destiné à remplacer immédia-tement l’ancien mis hors de cours. L’État prit à sa chargeperte qu’avait éprouvée l’ancienne monnaie, et c’étaitUDe somme très-considérable. Mais le gouvernement d’un