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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE VI. 277

lion, et au point de vue des intérêts du Trésor, plutôtque des principes d’équité qu’invoque l’Économie Politi-que. Il entendait ne faire contribuer l’État aux dépensesdu retrait des espèces de l’ancien régime que par uneprime expressément temporaire et destinée à déterminerles particuliers détenteurs de ces pièces à les apporter auchange des Monnaies, afin de fournir la matière du raon-Qayage nouveau. Getle prime aurait été de 3 pour 100pour l’argent, et de 1 pour 100 pour l’or. D’ailleurs, oneût perçu sur ces matières la retenue Axée par la loi pourcouvrir les frais de fabrication, et on ne les eût reçuesqu’au poids comme du lingot.

Le système en vertu duquel tout créancier serait auto-risé à- ne recevoir qu’au poids les espèces monnayées, sansaucune déduction pour le frai, système qui serait par-faitement équitable, trancheraitla question de savoir à lacharge de qui le frai doit être. Chaque détenteur d’espècessubirait, quand il s’en dessaisirait, la perte qui lui incom-berait directement.

Ce système ne pourrait soulever de difficultés dans lapratique, là où des mesures efficaces auraient été prisespour maintenir l’intégrité de la monnaie. En pareil cas,pour la commodité des contribuables, le gouvernementpourrait, sans compromettre d’une manière sérieuse l’in—térêt du Trésor, donner pour instruction aux receveursdes deniers publics de recevoir sans les peser les piècesde monnaie qu’on leur présenterait, sauf le cas où ilssoupçonneraient un affaiblissement particulier.

Quand la négligence de l’autorité a laissé la monnaie s’af-faiblir dans une forte proportion, sans que celle-ci cessâtcependant de passer pour sa valeur nominale, la questiondoit être envisagée et résolue différemment. Lors de la re-des monnaies d’argent de l’Angleterre en 1695 et

1696,

one discussion s’ouvrit sur ce point entre les esprits