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LA MONNAIE. SECTION VIII, CHAPITRE VI.
grettait la perte qui, si l’on suivait son avis, retomberaitsur les détenteurs des espèces rognées. Mais il lui semblaitfluela nation devait choisir entre deux maux. Et de fait,if était beaucoup plus aisé d’émettre la proposition géné-rale que les frais du rétablissement de la monnaie de-vaient être supportés par le Trésor que d imaginer unmoyen de les lui faire supporter sans un grand incon-vénient et un péril sérieux. Annoncerait-on que toute per-sonne qui, dans le délai d’une année ou de six mois, por-terait à la Monnaie une couronne rognée recevrait enéchange une couronne fabriquée au moulinet, et que ladifférence entre la valeur des deux pièces serait à la chargedu Trésor? Ce serait offrir une prime aux rogneurs. Lalime et le poinçon joueraient de plus belle ; la monnaieraccourcie se raccourcirait chaque jour davantage. Ladifférence dont les contribuables auraient <1 tenir compteserait probablement d’un million plus élevée à la fin duterme qu’au commencement, et la totalité de ce millionirait enrichir des malfaiteurs. Si le délai accordé au pu-blic pour apporter tà la Monnaie les espèces fabriquées aumarteau était réduit considérablement, le danger, relati-vement aux rogneurs, diminuerait dans la môme propor-tion ; on enverrait moins d’espèces rognées. Mais alorson se trouverait en face d’un danger d’une autre nature :l’argent affluerait à la Monnaie plus vite qu’il ne pour-rit en sortir; de sorte qu’il y aurait pendant quelquesmois une rareté très-fâcheuse de monnaie. »
Ou était ainsi dans l’obligation de découvrir quelqueProcédé ingénieux qui dégageât les détenteurs des vieilleses pèces de la charge d’une énorme réduction, sans cepen-^ an t soumettre le Trésor public à la nécessité de subir, auprofit des rogneurs, telle perte qu’il leur plairait. Ce pro-brne pouvait être difficile; mais il n’était pas insoluble.es gouvernements sont tenus, dans certains cas, de se