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La monnaie / par Michel Chevalier
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286 COUHS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

pareil cas, la perle résultant d’un changement dans laproportion des valeurs respectives des deux métaux pré-cieux incombe aux détenteurs des pièces d’or.

Les personnes qui soutiennent qu’il appartient à l’Étatde supporter ce sacrifice représentent que l’État, ayantémis ces pièces en leur attribuant la valeur de 20 francs,c’est-à-dire de 100 grammes d’argent au titre de 9dixièmes, s’en est fait le répondant, et qu’il est tenu deles reprendre sur ce pied, s’il veut qu’elles cessent de cir-culer avec cette valeur.. Cet argument manque de base,car le fait sur lequel il repose n’exisje pas. Ce n’est pointl’État qui a émis les pièces de monnaie d’or non plus queles pièces d’argent ; ce sont des particuliers qui ont faitl’émission. En France, le rôle de l’État, à l’égard de lafabrication des monnaies, se réduit à une simple surveil-lance. Il constate, dans des formes solennelles, que lespièces de monnaie sortant de la machine ont le poids et letitre voulus par la loi. Les directeurs des Monnaies sontdes entrepreneurs travaillant à forfait, d’après un tarif quele gouvernement a déterminé, pour les particuliers qui»possédant des matières d’or et d’argent, veulent les faireconvertir en espèces. Us ne fabriquent point pourle comptéde l’État, si ce n’est par rare exception. Sous l’ancien ré-gime, quand Philippe le Bel et autres fraudaient lamonnaie, les hôtels-de-monnaies travaillaient pour I ecompte du roi. 11 a pu en être de même tant que le sou-verain s’est attribué, sous le titre de seigneuriage ou sou stout autre nom, un bénéfice exorbitant sur le monnayage-11 est de principe au contraire, dans lès temps modernes,que l’État ne bénéficie pas sur les monnaies, et que le ta-rif des frais de fabrication à prélever par les directeurs,sur les matières d’or ou d’argent qu’on leur apporte àmonnayer, soit aussi modéré que possible, de manière àreprésenter seulement leurs dépenses avec l’intérêt de

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