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La monnaie / par Michel Chevalier
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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.

ou moins altérées par l’usage ou par la rognure, les au-tres affluant de l’étranger. Ce mélange d’espèces diver-ses, de tout poids et de tout titre, plus ou moins affaibliespar le passage de main en main ou par la lime des ro-gneurs, était pour le commerce un dédale. Le morne®!de faire ou de recevoir un payement un peu considérableétait plein d’anxiété.

Jeter ces espèces si variées dans 1# creuset une fois poU ftoutes, afin d’en refaire une monnaie uniforme, homO'gène et correcte, était impraticable. Les villes siège d’u®grand commerce, dans lesquelles se présentait la difficultéque nous venons de signaler, ne dépendaient pas de vaste®États qui pussent, pour leur usage propre, retenir un 6grande quantité d’espèces et qui par cela même fussent e®position de remplir le rôle de réservoirs pour la monnaie-C’étaient les capitales de républiques, intéressantes et quel'quefois grandes par leur génie, ou tout au moins par leuramour du travail, leur esprit d’économie et leur intebligence des affaires, mais fort exiguës quant à la superfie 1 ®deleur territoire. Telles étaient Venise, Gênes, Amsterda® 1 'Hambourg, Nuremberg. La monnaie y était dans un va-e*'vient continuel. Si elles avaient frappé une grandequanti^d’espèces, le courant du commerce les aurait emportées 1®lendemain, sauf à ramener un peu plus tard des monnaiedifférentes. Il fallut donc recourir à un artifice qui peru 1 ^de donnér aux transactions une base certaine, immuabletout en se servant de ces monnaies si inégales et si inégale'ment usées. Cet expédient, ce fut la monnaie de compte,s’appelait, par exemple à Hambourg, le marc de banq 11 ®’monnaie fictive qu’on ne frappait pas, qu’on ne voul® 1pas frapper, mais qui répondait parfaitement aux exige®'"ces du commerce, parce qu’elle était d’un poids défini ^métal fin. Chaque commerçant apporlait en un lie®dépôt commun tout ce qu’il avait d’espèces d’or ou d’e»"