LA MONNAIE. SECTION IX, CHAPITRE I. 3Havec les nationaux, ne peut en tenir compte. En vue ducommerce extérieur, qui chaque jour prend plus de dé-veloppement, on a donc pu réclamer, pour la parfaiteégalité dans les transactions, que même le droit de bras-sage ne fût pas perçu, en d’autres termes quelemon-na yage fût complètement gratuit et que les détenteurs delingots reçussent en espèces, poids pour poids, titre pourtitre, tout le métal qu’ils avaient délivré à l’hôtel-des-mon-naies. Necker, qui cependant trouvait naturel de percevoirun seigneuriage, sans doute parce qu’il se préoccupaitavant tout du besoin de remplir les coffres de l’État, con-venait que tout prélèvement fait à l’hôlel-des-monnaies,tant pour le brassage que pour le seigneuriage, est un im-pôt établi sur l’exportation des produits de l’industrie na-tionale (1), et les taxes do ce genre ont aujourd’hui peude partisans.
Les différents gouvernements de l’Europe n’ont pas ab-juré tous à la même époque le système à la faveur duquell’émission de la monnaie était pour eux l’occasion d’unprofit illicite : l’Angleterre, en cela, a devancé tous lesautres États. Les principes d’un bon régime monétaire yont été rétablis par Édouard VI, le même qui avait suivi,à cet égard, pendant ses premières années, les mauvaisexemples que lui avait légués Henri VIII, son père. Élisa-beth acheva, en 1600, l’œuvre de son frère; et, en 1666,Charles 11 renonça absolument au droit de seigneuriagee ! à tout autre droit sur la fabrication de la monnaie. De-puis lui, le gouvernement anglais rend aux particuliers^i lui apportent la matière à monnayer exactement ce90 ils lui ont remis de métal fin, sans rien retenir mêmepour les frais de l’opération (2). Le gouvernement français
H) Necker, De V Administration des finances, III, chap. 4.
1^) Dans la pratique, cette immunité n’est pas sans restrictions; on leverr « Plus loin.