327
LA MONNAIE. SECTION IX, CHAPITRE III.
Le directeur de la Monnaie, s’il est un fonctionnairepublic, n’a pas la même liberté de mouvement qu un en-trepreneur travaillant pour son propre compte. A Paris,te particulier qui a des matières d’or et d’argent, débat li-brement avec le directeur de la Monnaie les conditionsauxquelles il les lui livrera. Le directeur peut, parce qu ilest chez nous un manufacturier, combiner une opérationd affinage avec une de monnayage, de manière à offriraux détenteurs d’or ou d’argent des conditions meilleu-res que celles du tarif officiel. Avec la régie de l’État,tout débat pareil, toute combinaison de ce genre est im-possible, et alors, pour déterminer le monnayage, on estfinalement conduit à adopter le système de l’Angleterre,qui met les frais de fabrication entièrement à la chargede l’État.
Mais une autre difficulté se présente. L’État peut aussi-tôt être ainsi engagé dans une assez forte mise de fonds.Pour l’y soustraire, on a eu recours à l’expédient des délaisallégués pour la fabrication. C’est ainsi que, de nos jours,la liberté illimitée du monnayage gratuit est, en Angle-terre, une fiction pour les particuliers et pour les institu-tions autres que la Banque d’Angleterre. Seule, celle-citait monnayer à discrétion aux frais de l’État (1). Celuiqui a de l’or est contraint de le vendre à la Banque, qui,à la vérité, est tenue de l’acheter toujours, mais se faitdonner une prime d’un penny et demi par once de métal
(') Depuis la reprise des payements métalliques par la Banque (1821),n ’y a eu d’or monnayé, pour d’autres que cette institution, qu’enUn fort petit nombre de cas en 1828, par exemple, pour le compte'a maison Rothschild, et en 1837 pour une maison qui voulut faireex Périence de l’avantage ou de la perte que pouvait donner l’achat du^dlal pour le monnayage, en tenant compte des intérêts perdus pardu retard calculé, on peut le croire, qu’éprouvait le monnayage.e *sai eut lieu sur une quantité d’or qui ne représentait que 20,000 liv.0U : *00,000 fr. uni