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La monnaie / par Michel Chevalier
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LA MONNAIE. SECTION X, CHAPITRE II. 365

siècle. Celles du Chili ont été exploitées les dernières.

Pendant le second quart du seizième siècle, ce que1 Amérique envoyait annuellement de métaux précieux à1 Europe n’atteignait pas la matière contenue dans 16 mil-lions de nos francs. Tout à coup^ en 1545, le hasard fittrouver à un pauvre Indien, conducteur de lamas, quiavait travaillé aux mines de Porco, les mines célèbres querecèlent les flancs d’un pic isolé au milieu des affreux dé-serts du haut Pérou, le Ilatun Potocchi , dont, par eu-phonie, on a fait le Potosi.

Les affleurements des nombreux filons qui traversentcette montagne étaient d’une richesse prodigieuse. La po-pulation y accourut, les établissements métallurgiques etles monuments d’une vaste cité s’élevèrent comme parenchantement dans cette solitude inhospitalière.

Une invention fort ingénieuse vint, peu après, seconderadmirablement les efforts des aventuriers qui se précipi-taient sur les gîtes d’argent du Mexique et du Pérou. En1557, Médina, mineur de Pachuca, imagina le procédéde l’amalgamation à froid, qui est singulièrement en rap-port avec les données minéralogiques et économiques dela plupart des gisements d’argent du Nouveau-Monde (1).

(I) C'est un procédé moyennant lequel l’argent est obtenu sans recou-rir à une opération longue et coûteuse, le lavage sur un vaste systèmede tables, et à peu près sans combustible, en employant des doses très-modérées d’un petit nombre d’ingrédients tous empruntés, sauf un seul,f la classe des matières communes. Par une sorte de divination, Médina•magina une méthode de traitement dont la science rend à peine compteau jourd’hui, après que de grands chimistes se sont consacrés à l’étu-d*er. Habituellement l'esprit humain n’arrive aux formules simples qu'en* r aversant beaucoup de complications; ce pauvre mineur fut plus heureux:ûu Premier coup, il trouva une recette tellement simple, que pendant* r °is siècles on n’y a presque rien changé. Une fois le minerai trituréet rois en farine, l’opération s’accomplit sans autre appareil qu’un toutP e dt lavoir et une cloche de bronze, sans autre façon qu’un foulages ° Us les pieds des hommes ou des mulets, sans autre combustible queCe Iui qui est requis pour calciner une petite dose de pyrite cuivreuse,