LA MONNAIE. SECTION X, CHAPITRE III. 383
Le commerce des Indes et de la Chine, qui n’avait ja-mais été complètement interrompu, mais qui, pendantquelques siècles, s’était fait péniblement et petitement par1 intermédiaire des Arabes, acquit, après la découverted u cap de Bonne-Espérance, exactement contemporainecelle de l’Amérique, une splendeur qu’il n’avait ja-mais eue du temps des Grecs et des Romains. Il reposa,de même qu’à l’époque des Ptolémée ou des Trajan, etqu a celle de Salomon et de Hiram, sur les bases quei auteur de VEsprit des lois , les trouvant si anciennes,a supposé devoir être éternelles (1). L’Europe recevaitbeaucoup d’épices et de drogues, des tissus de soie ou deeoton, et enfin du thé en quantité rapidement croissante,et, en échange, elle donnait des métaux précieux, del’argent principalement et même exclusivement. Maisl’extrême Orient soutira à l’Europe, aux seizième, dix-septième et dix-huitième siècles, bien plus de matièresmétalliques qu’il n'en avait pris à l’Empire Romaina u plus fort de sa prospérité et de sa richesse, c’est-à-dire pendant les premiers siècles de l’ère chré-tienne.
Lu temps de Pline, c’étaient cent millions de ses-terces (2), ce qui, selon les tables placées par M. Bureau'le la Malle dans son Économie Politique des Romains (3),ferait 2,500,000 fr., et selon une estimation deM. Le-tronne, un peu moins de 2 millions. A l’ouverture du dix-jjeuviènie siècle, Humboldt calculait qu alors la masse
Argent expédiée annuellement d’Europe en Asie mon-ait à 25 millions et demi de piastres, ou 137 millions
•tans * ln ^ es onl été, les Indes seront ce qu’elles sont à présent, etl’aro '° Us ' es temps ceux qui négocieront aux Indes y porteront den’en rapporteront pas. » (Esprit des Lois, Iiv. XXI, chap. '•)ÎWoîre Naturelle de Pline, liv. XII, chap. xvm.
W> Â la On du tome I".