432 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
d’autres contrées, était à peu près nul. Le peu qu’on seprocurait des deux métaux s’obtenait très-chèrement ; l ademande cependant ne laissait pas que d’être notable, nefût-ce que pour remplacer ce qui avait disparu.
Car beaucoup d’or et d’argent avait été enfoui pendantles invasions qui se succédaient, parmi le tumulte deshordes qui s’entre-choquaient, et le secret des cachettesétait enseveli dans la tombe des enfouisseurs qui avaientété égorgés ou exilés. Le frai qu’éprouve la monnaie encirculant, les naufrages et les incendies qui, à force dese répéter, font disparaître des quantités d’or et d’argentsupérieures à ce qu’on pourrait supposer, mille accidentsenfin, causaient des pertes qui, sans cesse renouvelée^finissaient par former des masses.
On ne se fait pas, au premier abord, une idée exacte d®la déperdition qu’occasionne, après un long délai, un®diminution même très-faible qui se réitère constamni®^sans qu’il y soit suppléé. Un raisonnement qui à la véritépeut avoir quelque chose d’excessif, a conduit M. Jacobà évaluer à un trois-cent-soixantième la perte annuelle <l uele frai, considéré isolément, fait subir à la monnaie (2)‘A ce compte, en écartant toute autre cause de disp® rJ 'tion, un milliard serait réduit après un siècle à 755lions, après 500 ans à 140, après mille ans à 60 milli° ni -'ainsi une masse de monnaie qui aurait été de 5 milh ardsous Constantin, et que le produit des mines eût absolument cessé d’entretenir, n’aurait plus été que de 300 ,rlUlions sous le règne de Philippe le Bel. Mais le frai d® smonnaies n’est pas, à beaucoup près, la seule cause q 111minue l’approvisionnement des métaux précieux dontsociété est en possession.
Si, pour avoir égard à toutes les causes de disp arl 10
(1) On lhe Precious Metals, 1.1, chap. XIV.
(2) Voir plus haut, page 249, note au bas de la page.