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La monnaie / par Michel Chevalier
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433
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LA. MONNAIE. SECTION XI, CHAPITRE I. 433des métaux précieux, on adoptait la loi indiquée par

Mac Culloch, d’après lequel il s’en perdrait 1 pour100 par an, le phénomène serait bien plus tranché. Unmilliard frappé à l’ouverture d’un siècle ne présenteraitplus que 366 millions à la fin, et après 500 ans ce ne seraitplus que la somme insignifiante de 6,600,000 fr. 5mil-liards qui auraient existé, comme je viens de le suppo-ser i sous Constantin, n’auraient plus fait, sous PhilippeI e Bel, qu’une somme du genre de celle qu’une banque desecond ordre a dans ses caisses en espèces.

Pendant les quatre ou cinq premiers siècles des mo-narchies d’origine barbare, l’or et l’argent devinrent pardegrés extrêmement rares en Europe. Lesdenrées de pre-mière nécessité, disons mieux, toutes les marchandisesbaissèrent par rapport aux métaux précieux ; on les vit gra-duellement tomber à ce que nous appellerions les plusvils prix; en d’autres termes, elles en vinrent à ne pluss’échanger que contre des atomes d’argent ou d’or (1).Plus tard, quoique cet état des choses se fût modifié,l’histoire fournit des faits qui attestent combien était grandeencore la puissance d'une quantité médiocre de métalprécieux. Au milieu du quatorzième siècle, un roi puis-sant, Édouard 111, en mariant sa fille, lui assurait en argentuue rente qui, à raison de 4 grammes et demi par franc,formerait 2,700 fr. (2). Un siècle auparavant, saint Louisdans une circonstance semblable avait donné une dot, en

Û) En partant d’une évaluation, fort peu certaine, il est vrai, sur laHviatiUté de monnaie qui circulait dans l'empire Romain sous Ves-Pasien, en calculant la déperdition annuelle, comme il vient d’être> eten ayant égard à ce qu’avaient pu, depuis, produire les mines,■ acoh estime que l'Europe entière, à la (in du quinzième siècle, n’avaitde^ ^ ° r d’argent monnayés que 34 millions sterling (850 millions® r > de notre monnaie). On pourrait soutenir que cette estimation est

, COre exagérée.

Jacob, Onthe Prêtions Metals, tome I, page 336.

III.

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