438 COURS D’ECONOMIE POLITIQUE,
géré ce qu’on avait de ce capital. Le moment arrive oùun grand nombre de personnes ont besoin d’y recourir:il n’y en a pas, sur le marché, pour tout le monde, et lesfaillites commencent. Les hommes superficiels et le vul-gaire s’écrient que l’argent est rare, parce que l’argent oul’or, la substance dont on fait la monnaie en un mot, estla mesure du capital ; mais l’expression est inexacte etsuscite une fausse idée. C’est à peu près comme si, quandle drap ou la toile de coton manque à une foire, on s é-criait : les mètres sont rares 1
Ceci bien entendu, il n’en est pas moins vrai qu’àcertain moment de la crise, lorsqu’elle est dans son p a "roxysme, on éprouve souvent une véritable pénurie demonnaie. Citons des exemples.
Aux États-Unis, en 1837, les déréglements de la spécu-lation avaient faussé la plupart des positions individuelle®’en faisant souscrire à chacun une quantité d'engagement®grandement disproportionnée à|ses moyens. Lorsqu’on ® 0fut aperçu enfin de la situation périlleuse où l’on stait jeté, il fallut, comme il arrive toujours aprèsépoques de spéculation effrénée, procéder à une liq ul "dation universelle. Une opération de ce genre nécessü 0le mouvement d’une quantité de numéraire plus grand 0que ce qu’il y en a, en temps ordinaire, car le numéral 10pourrait se définir un instrument de liquidation. Eli 0 0naturellement accompagnée d’une certaine alarme, P al0 ^que chacun éprouve de l’inquiétude sur la solvabilitéses débiteurs, et, parmi les capitalistes grands ou petit®’beaucoup alors veulent ravoir leurs fonds sous la foi 1110la plus rassurante, la plus inaltérable, qui est celle des pi 000 *de monnaie ou des lingots. Aux États-Unis il y avait»1837 comme aujourd’hui, plusieurs centaines de baaques, toutes émettant des billets, et un certain u otnfurent, dès l’origine de la crise, frappées d’un disci