LA MONNAIE. SECTION XI, CHAPITRE II. 439
Mérité, car, entraînées par le torrent auquel tout le mondeautour d’elles s’abandonnait, elles s’étaient livrées à destransactions véreuses, contraires au bon sens et incon-ciliables avec la véritable mission des banques. Toutes lesbanques, sans exception, se trouvèrent compromises parceque beaucoup de commerçants avaient contracté a 1 étran- vger des engagements, et, pour les remplir, ne purent faireautrement que de prendre des espèces aux banques, contretes billets qu’ils pouvaient se procurer, ou à valoir sur lesavances que les banques avaient pu leur consentir ; car lemarché européen étant déjà surchargé de marchandisesaméricaines, on ne pouvait espérer d’y en écouler, si cen’est à des prix ruineux pour le vendeur. Or, 1 avoir mé-tallique des banques en général était modique. Une partiedes banques avait échappé au malheur d’être ainsi épui-sées ou de voir leur encaisse métallique mise à sec dansla panique dont, par une réaction inévitable après un vio-lent accès de témérité, le public était saisi ; mais celles-cidevinrent d’une réserve extrême, et réduisirent dans uneforte proportion leurs billets en circulation. Le pays setrouva ainsi manquer à la fois et d’espèces métalliques etde billets de banque dont on pût penser qu’ils étaientûne vérité, c’est-à-dire qu’ils représentaient des métauxPrécieux. Cette dernière lacune, au reste, eût jusqu’à uncertain point été comblée, si la première, celle du numé-raire métallique, l’eût été. Le pays éprouvant à un hautdegré le manque de monnaie ou d’un signe qui en fût laréprésentation fidèle, celle qui y était dut éprouver un en-chérissement : il y en avait une grande demande pour une°ffre restreinte.
L’enchérissement fut rendu beaucoup plus grand enapparence qu’il ne l’était réellement, parce que touteses marchandises finirent par subir une forte baisse. EnCe qui les concernait, par rapport à la demande, 1 offre