LA MONNAIE. SECTION XI, CHAPITRE II. 445
emporter, l’or est l’objet d’une convoitise spéciale, etpar conséquent il monte davantage : la demande en estplus grande incomparablement. A Paris, après la ré-solution de Février, la prime des espèces françaises•1 or sur l’argent, qui, jusque-là, était de 10 à 15 francspar 1000, s’est élevée à 70 francs et dans des cas par-ticuliers bien au delà. D’ailleurs, la plupart des autres
marchandises se troquaient contre une quantité d’argentJoindre que leur prix accoutumé, d’un quart, d’un tiers,d e la moitié.
Dans des circonstances plus exceptionnelles encore,°Q trouverait des faits du même genre, plus caractérisés.Lorsque notre malheureuse armée revenait de Russie, en1812, l’or avait pris parmi nos soldats une grande valeur ;il était fort cher, relativement à l’argent ; mais cette chertéde l’or était restreinte au petit espace occupé par l’arméefrançaise. Après la révolution de Février 1848, l’enchéris-sement de l’or et de l’argent était général en France ets étendait à la majeure partie de l’Europe continentale ;pareillement la hausse de l’or relativement à l’autremétal.
Dans l’antiquité, des causes accidentelles, qui ne peu-v ent plus faire sentir leur action dans nos sociétés, ontQuelquefois occasionné une abondance subite des métauxP r écieux, ou de l’un d’eux, et ont ainsi déterminé desVa riations marquées dans les prix, c’est-à-dire dans la va-îf ,Jr des produits de l’industrie humaine comparés à0r ou à l’argent. Jules César, rentré vainqueur dansR °me, force YÆrarium, où étaient entassées, en lin—§°ts d’or, les épargnes séculaires de la Républiqueet J cs dépouilles des rois de l’Asie : il les dissipe afin dep foire des partisans, et pour soutenir la guerre contre^°mpée et le Sénat. On comprendra qu’il en soit résultéQe forte baisse de la valeur de l’or, si l’on admet, avec